Les chiffres d'abord
31,5 millions — l'audience publicitaire de Facebook en France en octobre 2025, soit 58,7 % des adultes, devant Instagram (28,2 millions) et TikTok (23,4 millions) selon DataReportal. Ce sont des comptes, pas des heures d'attention — mais pour un artisan qui cherche des propriétaires, c'est le réservoir le plus large.
−35 % — la baisse de la portée moyenne des Reels Instagram en un an, mesurée par Metricool sur plus d'un million de comptes (janvier 2026) ; −31 % pour les publications classiques. Dans le même temps, la portée moyenne sur Facebook a progressé de 51 % et les interactions de 56 %. Le réseau qu'on déclare mort depuis dix ans est celui qui distribue le mieux en 2026.
46 % — la part des TPE-PME françaises qui publient au moins une fois par semaine sur leurs réseaux, contre 61 % en 2023 (baromètre France Num 2025, 11 021 entreprises). 66 % ont un compte. Autrement dit, un tiers des comptes d'entreprises sont abandonnés — et un compte abandonné se voit.
15 000 € — l'amende encourue, avec un an d'emprisonnement, pour avoir diffusé l'image d'une personne reconnaissable sans son accord (service-public.gouv.fr, article 226-1 et suivants du Code pénal). Filmer une personne dans un lieu privé sans son consentement : 45 000 €. Un client dans son salon, un salarié sur l'échafaudage, un enfant qui passe : tous sont concernés.
Le chiffre qui compte est le troisième. La question n'est pas « quel réseau », c'est « qu'est-ce que je peux tenir toutes les semaines pendant deux ans ». La réponse décide du réseau, pas l'inverse.
Le fait contre-intuitif : les gens qui rénovent ne sont pas ceux qui sont sur TikTok
L'étude Houzz et la Maison 2024 (2 140 propriétaires français) montre que ce sont les 55-74 ans qui portent l'activité de rénovation (65 % d'entre eux ont engagé des travaux) et que les 40-54 ans dépensent le plus (25 000 € médians contre 20 000 €). 86 % ont fait appel à un professionnel. L'enquête TREMI du ministère (2020) donne des taux de travaux comparables chez les 35-49 ans (39 %) et les 50 ans et plus (40 %).
TikTok a le meilleur taux d'engagement médian de tous les réseaux (2,01 % par publication contre 0,30 % pour Instagram et 0,10 % pour Facebook, Rival IQ, mars 2026). Mais un engagement élevé d'une audience qui ne possède pas de logement ne produit pas de chantier. Un artisan qui vise les propriétaires de 40 à 70 ans dans un rayon de trente kilomètres a plus à gagner sur Facebook — groupes de quartier compris — que sur une plateforme dont l'audience adulte représente 44 % des Français, majoritairement jeunes.
Exception : si votre métier est visuel et que votre clientèle est jeune ou nationale (décoration, agencement haut de gamme, savoir-faire rare), Instagram et TikTok deviennent des vitrines pertinentes. Pour un plombier de Cagnes-sur-Mer, non.
Toute image où une personne est reconnaissable exige son accord — écrit, de préférence, et impératif pour un mineur (accord des deux parents). Chez un client, l'intérieur d'un logement relève de sa vie privée : demandez, et notez la réponse dans le devis. Un salarié peut refuser d'apparaître. Si un fournisseur vous offre du matériel ou vous paie pour le montrer, la loi du 9 juin 2023 impose la mention « publicité » ou « collaboration commerciale », lisible ; l'omettre est une pratique commerciale trompeuse (deux ans et 300 000 €).
Quoi montrer : le chantier, pas le logo
Le contenu qui fonctionne pour un artisan n'a pas changé depuis qu'il existe des photos : avant/après, en cours (le moment où ça ne ressemble encore à rien), le détail technique qu'un particulier ne voit jamais (le pare-vapeur, la réservation, le joint qu'on ne fera pas au silicone), et l'équipe — avec son accord. Quatre types de publication, en rotation. Pas de citations inspirantes, pas de « bonne semaine à tous », pas de logo seul.
Une photo nette prise au téléphone, en lumière naturelle, vaut mieux qu'une vidéo montée. Une vidéo de vingt secondes filmée à la main, sans musique, où l'on vous entend expliquer pourquoi vous faites ceci et pas cela, vaut mieux que les deux. Ce que les gens regardent, c'est quelqu'un qui sait ce qu'il fait.
Où : un réseau principal, un réseau secondaire, et pas plus
Facebook en principal pour la plupart des artisans du bâtiment : la page de l'entreprise, plus deux ou trois groupes locaux (« Habitants de… », « Entraide travaux ») où l'on répond aux questions sans se vendre. C'est là que sont les propriétaires de plus de 40 ans, et c'est là que la portée organique remonte.
Instagram en secondaire, avec les mêmes contenus republiés — l'outil de Meta le fait en un clic. Une vitrine pour ceux qui vous cherchent, pas un canal d'acquisition en soi : sa portée baisse et son audience est plus jeune.
TikTok seulement si vous avez le goût de la vidéo et un métier qui se regarde. Sinon, c'est du temps pris à Facebook.
LinkedIn pour une raison différente : les prescripteurs (syndics, agences, architectes), pas les particuliers. C'est un autre article.
Deux publications par semaine sur Facebook, republiées sur Instagram : photo prise pendant le chantier (30 secondes), texte de trois lignes écrit le soir (5 minutes), publication (2 minutes). Une réponse aux commentaires le lendemain (5 minutes). Vingt-cinq minutes par semaine, cent heures par an — l'équivalent de deux jours et demi de chantier. Ce que ça rapporte dépend de votre zone et de votre métier ; je ne peux pas vous donner un nombre de devis, personne ne le peut honnêtement. Ce que je peux vous dire : un compte à jour rassure le client qui vous a déjà trouvé ailleurs, et c'est déjà beaucoup.
Le rythme : ce que vous tiendrez, pas ce qu'on recommande
Les entreprises médianes publient 3,7 fois par semaine sur Instagram et 3 fois sur Facebook (Rival IQ). Ce sont des marques avec des équipes. Pour un artisan, deux fois par semaine, toutes les semaines, vaut mieux que cinq fois pendant un mois puis rien : les 20 % de comptes abandonnés de France Num sont ceux qui ont commencé trop fort.
La méthode qui tient : photographier chaque chantier, systématiquement, aux mêmes moments (avant, milieu, fin). Vous constituez une réserve ; publier devient un choix parmi des images qui existent déjà, pas une corvée de création.
Ce que je ne peux pas vous promettre
Un nombre de demandes de devis. La première version de cet article annonçait « 6 à 12 demandes supplémentaires par mois ». Ce chiffre n'avait aucune source. Il n'en existe pas pour le bâtiment ; le vôtre dépendra de votre zone, de votre métier et de ce que vous montrez.
Que la portée reste ce qu'elle est. Instagram a perdu un tiers de portée en un an ; Facebook en a regagné la moitié. Dans deux ans, ce sera peut-être l'inverse. Ce qui ne change pas : les photos de vos chantiers vous appartiennent et se republient partout. Ne construisez rien que vous ne puissiez pas déménager.
Que ça remplace les avis Google. Un propriétaire qui cherche un artisan tape son besoin dans Google et lit les avis. Les réseaux confirment ; ils ne trouvent pas. Si vous n'avez qu'une heure par mois, mettez-la sur votre fiche Google, pas sur Instagram.
Par où commencer, concrètement
Cette semaine. Choisissez votre réseau principal en fonction de vos clients, pas de vos envies. Pour la plupart des métiers du bâtiment : Facebook. Complétez la page : métier, zone, téléphone, lien vers le site et la fiche Google.
Au prochain chantier. Trois photos aux trois moments. Demandez l'accord du client pour l'intérieur, par écrit dans le devis. Demandez à vos salariés s'ils acceptent d'apparaître.
Ce mois-ci. Huit publications, deux par semaine, à jour fixe. Répondez à chaque commentaire. Rejoignez deux groupes locaux et répondez à une question par semaine sans parler de vous.
Dans trois mois. Regardez ce que Facebook vous dit : quelles publications ont été vues, lesquelles ont généré des messages. Faites plus de celles-là. Si rien ne bouge, ce n'est pas le réseau, c'est le contenu — ou ce n'est pas le canal pour votre métier, et il vaut mieux le savoir.
Les réseaux ne créent pas de clients. Ils montrent à ceux qui vous cherchent que vous existez encore.
Un artisan n'a pas à devenir créateur de contenu. Il a à photographier son travail, à le montrer là où sont ses clients, et à ne pas s'arrêter. Le reste — l'algorithme, le réseau à la mode, le montage — est du temps pris au chantier.
Les échanges s’y poursuivent avec des artisans, des entreprises du bâtiment et des professionnels de l’immobilier. Vos questions et retours d’expérience y sont les bienvenus.
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Sources
DataReportal — Digital 2026 : France, 5 novembre 2025, données d'octobre 2025 (audiences publicitaires Facebook 31,5 M, Instagram 28,2 M, TikTok 23,4 M, LinkedIn 38 M) — consulté le 9 septembre 2026
Metricool — 2026 Social Media Study, 12 janvier 2026, 1 059 949 comptes et 39,8 M de publications (Reels Instagram −35 %, Facebook +51 % de portée) — consulté le 9 septembre 2026
Rival IQ — 2026 Social Media Industry Benchmark Report, 5 mars 2026 (engagement médian TikTok 2,01 %, Instagram 0,30 %, Facebook 0,10 % ; fréquences médianes) — consulté le 9 septembre 2026
France Num / DGE — Baromètre France Num 2025, 16 septembre 2025, 11 021 entreprises (66 % ont un compte, 46 % publient chaque semaine contre 61 % en 2023), relayé par TPE Actu — consulté le 9 septembre 2026
Houzz — Houzz et la Maison 2024, 28 mai 2024, 2 140 répondants (baby-boomers 65 %, génération X 25 000 € médians, 86 % avec un professionnel) — consulté le 9 septembre 2026
SDES / Ademe — Enquête TREMI 2020, rapport de mars 2022 (taux de travaux par âge, 71 % réalisés uniquement par des professionnels) — consulté le 9 septembre 2026
Médiamétrie — L'Année Internet 2025, 12 février 2026 (43,9 M de Français sur les réseaux chaque jour) — consulté le 9 septembre 2026
service-public.gouv.fr — Droit à l'image, fiche F32103 (accord nécessaire, sanctions 15 000 € et 45 000 €, mineurs) — consultée le 9 septembre 2026
economie.gouv.fr (DAJ) — Loi n° 2023-451 du 9 juin 2023 visant à encadrer l'influence commerciale (mention obligatoire, pratique commerciale trompeuse) — consulté le 9 septembre 2026
Cet article présente une information générale à jour au 9 septembre 2026. Les audiences et les portées des réseaux sociaux varient d'un trimestre à l'autre et les études citées ont chacune leur périmètre ; aucun volume de demandes n'est garanti. Les règles sur le droit à l'image et la vie privée relèvent du Code civil et du Code pénal ; en cas de doute sur une publication, demandez l'accord écrit ou abstenez-vous.