Les chiffres d’abord
sans accord préalable
une demande
travaux de l’habitat (US)
à un contact web (HBR)
11 août 2026. Depuis cette date, le démarchage téléphonique d’un particulier exige son consentement préalable : un acte positif, jamais une case pré-cochée, valable un an au plus, dont la preuve se conserve trois ans. Bloctel a disparu avec l’ancien système. Les amendes vont jusqu’à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une société, et la DGCCRF publie ses sanctions.
Cinq jours ouvrables. C’est le délai dans lequel un professionnel peut rappeler un particulier qui lui a fait une demande, un devis par exemple, sans que l’appel soit traité comme du démarchage. La DGCCRF le présente comme une règle générale. Le décret du 23 juillet 2026 l’écrit noir sur blanc pour les secteurs où toute prospection est interdite : économies d’énergie, énergies renouvelables, adaptation du logement à l’âge ou au handicap.
90,92 $. C’est le coût médian d’une demande obtenue par Google Ads dans la catégorie « maison et travaux » aux États-Unis, d’avril 2025 à mars 2026, pour 8,33 $ le clic et 8,05 % de taux de conversion (WordStream by LocaliQ, 13 474 campagnes). Il n’existe pas de barème public équivalent pour la France. C’est un ordre de grandeur, pas votre prix.
42 heures. C’est le délai moyen de réponse mesuré par la Harvard Business Review en 2011, sur 2 241 entreprises américaines à qui l’on avait envoyé une demande par leur site. 37 % avaient répondu dans l’heure, 23 % jamais. L’étude est ancienne et américaine. Je la cite parce que personne ne mesure ce délai chez les artisans français, et que vous pouvez le mesurer chez vous dès ce soir.
Le chiffre qui compte n’est pas le prix du clic. C’est le délai de cinq jours ouvrables. Une demande payée et rappelée trop tard n’est pas seulement un client perdu : dans les métiers de la rénovation énergétique, l’appel lui-même devient illégal.
Le fait contre-intuitif : votre argent se perd après le clic
La plupart des artisans qui essaient Google Ads jugent la campagne à son coût par clic, puis au nombre de demandes. Ils arrêtent quand « ça ne rapporte rien ». Le plus souvent, la publicité a fait son travail. La demande est arrivée. C’est ce qui s’est passé ensuite qui a coûté cher : un rappel trois jours plus tard, un devis envoyé au bout de deux semaines, aucune relance.
Faites le calcul avec des hypothèses simples, à remplacer par les vôtres. 1 000 € de budget, environ 90 € la demande : 11 demandes. Vous en rappelez 8 à temps, vous chiffrez 6 chantiers, vous en signez un sur quatre. Résultat : 1,5 chantier, soit environ 667 € de publicité par devis signé.
Même budget, même campagne. Vous rappelez les 11 demandes dans la journée, vous chiffrez 9 chantiers et vous en signez un sur trois grâce à une relance à J+3 et J+10. Résultat : 3 chantiers, soit environ 333 € par devis signé. Le coût est divisé par deux, sans un euro de publicité en plus et sans toucher aux enchères.
Le piège exact. Une demande de devis pour une pompe à chaleur arrive le vendredi soir. Vous êtes sur chantier toute la semaine suivante et vous rappelez le lundi d’après. Vous avez dépassé les cinq jours ouvrables : dans ce secteur, cet appel n’est plus une réponse, c’est du démarchage interdit. Et le client a déjà signé ailleurs.
Le cadre, précisément
Le principe. Article L. 223-1 du code de la consommation, réécrit par la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques, en vigueur depuis le 11 août 2026. Le consentement doit être libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable, et il ne peut pas être demandé par téléphone. La même loi maintient l’interdiction totale de prospection téléphonique pour les travaux d’économies d’énergie, de production d’énergie renouvelable et d’adaptation du logement, sauf contrat en cours. Selon la loi, un contrat conclu à la suite d’un démarchage illégal est nul, et le professionnel qui profite d’appels passés pour son compte est présumé responsable. C’est le cas d’un artisan qui achète des contacts à un centre d’appels.
Les modalités. Le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 réécrit les articles R. 223-1 à R. 223-4 du code. Le consentement est donné à un professionnel déterminé, pour un an au plus, sans reconduction tacite, et sa preuve est archivée trois ans. Selon l’article R. 223-4, l’appel qui répond à une demande d’information n’est pas de la prospection à trois conditions. Le professionnel peut prouver la demande. L’appel a lieu dans les cinq jours ouvrables. Il ne porte que sur ce qui a été demandé. La justification se conserve elle aussi trois ans.
Les horaires. Les appels de prospection autorisés ont lieu du lundi au vendredi, hors jours fériés, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h. Une même personne ne peut pas recevoir plus de quatre appels sur trente jours.
Un recours en cours. Quatre organisations professionnelles (SP2C, AFRC, FVD et SNPI) auraient déposé le 23 septembre 2026 une requête en annulation du décret devant le Conseil d’État, selon la presse spécialisée. Ce n’est pas un référé : le décret s’applique. Aucune décision n’est connue à ce jour. Si le décret était annulé, la loi resterait, et l’interdiction en rénovation énergétique aussi.
Pour le détail des exceptions et la marche à suivre face aux appels que vous recevez, relisez notre article du 7 août sur la fin du démarchage téléphonique.
Ce que la demande entrante exige de vous
Une preuve de la demande, automatique. Un formulaire qui enregistre la date, l’heure, l’objet de la demande et les coordonnées vous fournit la justification exigée par le décret, à condition de la garder trois ans. Une demande notée sur un coin de cahier ne prouve rien.
Une case distincte pour l’avenir. La demande de devis vous autorise à rappeler sur ce devis, pas à relancer ce client dans six mois pour autre chose. Si vous voulez ce droit, ajoutez au formulaire une case non cochée : « J’accepte d’être recontacté par [votre entreprise] pendant un an au sujet de ses travaux. » Dans les métiers de la rénovation énergétique, même cette case ne vous autorise pas à prospecter : seuls le rappel sur demande et le contrat en cours restent permis.
Un rappel dans la journée. La loi vous laisse cinq jours ouvrables, mais votre concurrent ne vous les laissera pas. Le particulier qui a cliqué sur une annonce en a souvent cliqué trois. Le premier qui rappelle obtient le rendez-vous.
Un suivi en quatre lignes. Demandes reçues, demandes rappelées à temps, devis envoyés, devis signés. Sans ces quatre lignes, vous ne saurez jamais si votre problème est la publicité, le téléphone, le devis ou le prix. Le guide Google Ads pour artisans du bâtiment détaille la structure de campagne et les mots-clés à exclure. Ici, l’enjeu est ce qui se passe après.
Un logiciel peut tenir ces quatre lignes à votre place. Renovacio™, que nous éditons, suit chaque affaire de l’appel à la facture, et le client signe son devis en ligne avec un code reçu par SMS. Un tableur bien tenu fait aussi l’affaire. L’important est que quelqu’un le regarde chaque semaine.
Ce que je ne peux pas vous promettre
Je ne peux pas vous donner votre coût par demande. Les chiffres cités viennent des États-Unis, et il n’existe pas de barème public fiable pour les artisans français. Le Planificateur de mots clés, gratuit dans votre compte Google Ads, vous donne les fourchettes réelles de vos expressions sur vos codes postaux. C’est la seule source qui vaille pour votre cas.
Je ne peux pas vous promettre que rappeler vite fera signer. Si votre devis arrive tard, s’il est illisible ou mal placé en prix, Google Ads accélérera seulement la perte. La rapidité du rappel ouvre la porte. Elle ne remplace pas un bon devis.
Et voici la limite qui ne m’arrange pas : pour certains d’entre vous, la bonne décision est de ne pas lancer de campagne du tout. Si votre chantier moyen est petit, que vous êtes seul sur le chantier toute la journée et que personne ne peut rappeler avant le soir, chaque euro de publicité paiera surtout vos concurrents. Commencez par la fiche Google, les avis et les prescripteurs : ils ne coûtent rien et la loi ne les touche pas.
Par où commencer, concrètement
Ce soir — mesurez votre délai réel. Reprenez vos 20 dernières demandes. Pour chacune, notez le jour et l’heure de la demande, puis ceux de votre premier rappel. Calculez la moyenne. C’est votre vrai point de départ, avant toute dépense.
Avant le 31 octobre — mettez votre formulaire en règle. Date, heure et objet enregistrés automatiquement, archivés trois ans, et une case de consentement séparée, non cochée, pour les rappels futurs.
Avant le 15 novembre — fixez une règle de rappel. Toute demande reçue avant 17 h est rappelée le jour même. Si vous ne pouvez pas décrocher, quelqu’un d’autre le fait, ou un message automatique annonce l’heure exacte du rappel.
Pendant quatre semaines — tenez vos quatre lignes : demandes, rappels à temps, devis, signatures. Divisez ce que vous a coûté votre acquisition par le nombre de devis signés.
Fin novembre — décidez. Seulement à ce moment, ouvrez le Planificateur de mots clés et comparez le coût d’une demande à la marge de vos chantiers. Si le calcul ne tient pas, ne lancez rien.
Le téléphone n’a pas disparu, il a changé de sens
Avant le 11 août, on pouvait compenser une demande mal traitée par dix appels à froid. Ce n’est plus possible. Désormais, l’entreprise qui gagne n’est pas celle qui appelle le plus. C’est celle qui rappelle la première, avec la preuve que le client l’a demandé.
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Les échanges s’y poursuivent avec des artisans, des entreprises du bâtiment et des professionnels de l’immobilier. Vos questions et retours d’expérience y sont les bienvenus.
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Sources
DGCCRF (economie.gouv.fr) — « Le démarchage téléphonique désormais interdit si vous n’y avez pas consenti », écrit le 5 août 2026 — consulté le 22 octobre 2026.
Légifrance — Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques (article L. 223-1 du code de la consommation) — référence consultée le 22 octobre 2026.
Légifrance — Décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 relatif aux modalités de recueil, de conservation et de retrait du consentement du consommateur (articles R. 223-1 à R. 223-4) ; contenu vérifié au travers de Cerfrance Horizon 63 (3 septembre 2026) et Actu-Juridique — consultés le 22 octobre 2026.
Legalplace — « Démarchage téléphonique : nouvelles règles au 11 août 2026 », 14 août 2026, modifié le 22 septembre 2026 — consulté le 22 octobre 2026.
Village de la Justice — « Décret démarchage téléphonique attaqué devant le Conseil d’État », Guillaume Leclerc, avocat, 5 octobre 2026 — consulté le 22 octobre 2026.
WordStream by LocaliQ — « Google Ads Benchmarks 2026 », données du 1er avril 2025 au 31 mars 2026, 13 474 campagnes américaines — consulté le 22 octobre 2026.
Harvard Business Review — J. Oldroyd, K. McElheran, D. Elkington, « The Short Life of Online Sales Leads », mars 2011 ; chiffres détaillés repris par SmartCompany, 4 juillet 2011 — consultés le 22 octobre 2026.
Cet article est une synthèse d’information à destination des professionnels, pas un conseil juridique. Les règles du démarchage téléphonique font l’objet d’un recours devant le Conseil d’État et peuvent évoluer. Pour votre situation, adressez-vous à la DGCCRF, à votre organisation professionnelle ou à un avocat.